The Neverhood (1996)
Le monument artisanal en stop-motion de Doug TenNapel sculpté dans trois tonnes de pâte à modeler
Imaginé par Doug TenNapel (créateur d'Earthworm Jim) et édité par DreamWorks Interactive le 31 octobre 1996, The Neverhood demeure la prouesse tactile en volume la plus audacieuse de l'histoire du jeu sur PC. Entièrement façonné à la main dans trois tonnes d'argile à modeler et porté par les énigmes muettes de Klaymen sur le blues excentrique de Terry Scott Taylor, il jouit d'une aura culte inimitable.
Trois tonnes d'argile, 50 000 clichés et le blues déjanté de Terry Taylor
Quittant Shiny Entertainment en 1995 avec les animateurs chevronnés Mark Lorenzen, Edward Schofield et Mike Dietz, Doug TenNapel convainquit Steven Spielberg de financer un jeu d'aventure dépourvu du moindre polygone 3D numérique, investissant un entrepôt californien rempli d'armatures métalliques recouvertes de trois tonnes d'argile. Dix-sept mois durant, la petite équipe photographia image par image près de cinquante mille poses au boîtier numérique, alternant tableaux burlesques pour le héros muet Klaymen et déplacements subjectifs façon Myst au rythme du scat blues acoustique irrésistible de Terry Scott Taylor.
La couronne d'Hoborg, la Galerie des Archives et postérité japonaise
Éveillé sans souvenirs sur un îlot flottant surréaliste, Klaymen rassemble les cassettes vidéo de Willie Trombone révélant comment le souverain créateur Hoborg fut plongé dans la léthargie par sa première créature jalouse, Klogg — une cosmogonie gravée tout au long du célèbre couloir des Archives s'étendant sur trente-huit écrans consécutifs. Si ses ventes occidentales restèrent discrètes face à la déferlante 3D de 1996, The Neverhood connut un véritable triomphe au Japon sur PlayStation sous le titre Klaymen Klaymen, engendrant le jeu de plateforme Skullmonkeys en 1998 puis l'héritier spirituel Armikrog en 2015.