MSX Home Computer Standard (1983)
L'architecture 8 bits universelle de Kazuhiko Nishi et le berceau du Metal Gear de Hideo Kojima
Dévoilé en juin 1983 par le visionnaire d'ASCII Corporation Kazuhiko Nishi en collaboration avec Microsoft Japon, le standard MSX a instauré une spécification de micro-ordinateur domestique 8 bits indépendante des constructeurs, inspirée de l'universalité du format vidéo VHS. Fabriqué par Sony, Panasonic, Philips, Yamaha et Toshiba autour d'un processeur Zilog Z80A, le MSX a prospéré au Japon, aux Pays-Bas, en Espagne, au Brésil et en Corée du Sud, tout en servant de berceau au Metal Gear original de Hideo Kojima.
Standardisation multi-constructeurs et puces embarquées des cartouches Konami
Déterminé à mettre fin à la fragmentation incompatible des micro-ordinateurs du début des années 1980, Kazuhiko Nishi a figé une architecture de référence commune — associant un processeur Zilog Z80A à 3,58 MHz, un processeur d'affichage vidéo Texas Instruments TMS9918, une puce sonore trois voix General Instrument AY-3-8910 et le MSX BASIC de Microsoft — afin que chaque cartouche ou périphérique fonctionne sans accroc sur des machines produites par plus d'une douzaine de géants concurrents de l'électronique. Comme le port cartouche exposait directement les lignes du bus système, des éditeurs tels que Konami intégraient des puces sur mesure comme le synthétiseur à table d'ondes cinq canaux Sound Creative Chip (SCC) directement dans les cartouches ROM, sublimant l'audio des jeux 8 bits.
Bastions mondiaux et berceau de l'espionnage tactique
Bien qu'éclipsés en Amérique du Nord, le MSX et son successeur graphiquement amélioré MSX2 (1985) se sont écoulés à des millions d'exemplaires au Japon et ont implanté de vibrantes cultures du jeu et de la demoscene aux Pays-Bas et en Espagne (sous l'impulsion de Philips), au Brésil (via le HotBit de Sharp et l'Expert de Gradiente), dans les salles de classe soviétiques et en Corée du Sud (avec les consoles Zemmix de Daewoo). Surtout, le MSX2 a vu éclore l'orfèvrerie micro japonaise de Nihon Falcom, Compile et Konami — notamment lorsque le jeune concepteur Hideo Kojima a transformé les limites de scintillement de sprites du MSX2 en mécaniques d'infiltration pour Metal Gear (1987), Snatcher (1988) et Metal Gear 2: Solid Snake (1990).