Escape from Monkey Island (2000)
L'ultime jeu d'aventure original de LucasArts alliant moteur 3D GrimE et satire du tourisme de masse
Coréalisé par Sean Clark et Michael Stemmle (auteurs de Sam & Max Hit the Road) et sorti en novembre 2000, Escape from Monkey Island adapta le moteur 3D GrimE au quatrième volet des aventures de Guybrush Threepwood — signant du même coup le tout dernier jeu d'aventure original publié en interne par LucasArts. Opposant les flibustiers au promoteur australien Ozzie Mandrill, sa satire mordante compensa une maniabilité clavier rigide et le controversé Monkey Kombat.
Passage à la 3D GrimE, Ozzie Mandrill et satire de l'embourgeoisement
De retour de lune de miel pour découvrir Elaine déclarée légalement décédée et les repaires pirates rachetés par l'impitoyable magnat immobilier australien Ozzie Mandrill, Guybrush affronte un péril pire que les malédictions vaudous : le tourisme d'entreprise aseptisé. Sean Clark et Michael Stemmle truffèrent les îles de Lucre, Jambalaya et Mêlée de parodies corrosives de l'an 2000 — cafés Starbuccaneer's, restaurants Planet Threepwood et avocats véreux — mises en musique par cinq compositeurs maison autour de Clint Bajakian et Michael Land. Hérité de Grim Fandango, le moteur GrimE remplaça toutefois la souris par un déplacement direct au clavier ou à la manette PlayStation 2.
Monkey Kombat, suites annulées et fin de l'âge d'or chez LucasArts
Si la critique applaudit l'abattage vocal de Dominic Armato et l'ingénieux paradoxe temporel du marais des brumes, le dernier acte divisa les joueurs autour du « Monkey Kombat », art martial simiesque dont les combinaisons aléatoires changeaient à chaque partie avant un duel de colosses face à LeChuck. Historiquement, Escape from Monkey Island referma l'âge d'or du point-and-click chez LucasArts : lorsque la direction annula ensuite Full Throttle 2 puis Sam & Max: Freelance Police en 2004, les vétérans évincés fondèrent Telltale Games, qui ressuscita la licence neuf ans plus tard.