The Curse of Monkey Island (1997)
L'adieu flamboyant en dessin animé au moteur SCUMM révélant la voix emblématique de Dominic Armato
Réalisé par Jonathan Ackley et Larry Ahern chez LucasArts en octobre 1997 comme douzième et ultime jeu propulsé par le moteur SCUMM, The Curse of Monkey Island releva le défi de prolonger la saga sans Ron Gilbert. Mariant les ciels tourbillonnants de Bill Tiller et l'interface en pièce d'or à l'interprétation vocale définitive de Dominic Armato en Guybrush Threepwood, il demeure un sommet intemporel de l'animation 2D.
Splendeur d'animation cellulo, pièce d'actions dorée et voix cultes
Chargés six ans plus tard de rebondir après l'énigmatique conclusion de LeChuck's Revenge alors que l'industrie basculait vers les premiers polygones 3D, Jonathan Ackley et Larry Ahern misèrent tout sur une animation traditionnelle en 640x480 digne du cinéma et sur les gouaches aux nuages spiralés de Bill Tiller. Remplaçant le pavé textuel par un médaillon d'or contextuel à trois icônes, cet épisode introduisit un doublage intégral inoubliable : Dominic Armato prêta pour toujours sa candeur fanfaronne à Guybrush face à Elaine, au démon flamboyant LeChuck campé par Earl Boen et à l'irrésistible crâne mégalomane Murray.
Îles de Plunder et Blood, joutes navales rimées et chant du cygne SCUMM
Après avoir malencontreusement pétrifié Elaine en statue d'or massif au moyen d'une bague de fiançailles maudite, Guybrush parcourt l'île théâtrale de Plunder — où son équipage de pirates-barbiers entonne la chanson interactive « A Pirate I Was Meant to Be » — puis la mélancolique île de Blood. Les abordages en mer enrichissent le duel d'insultes d'une contrainte de rimes savoureuse, déclinée jusqu'au exigeant mode « Méga-Singe ». Concluant dix années d'histoire du moteur SCUMM juste avant le virage 3D de Grim Fandango, Curse traverse les décennies sans prendre la moindre ride visuelle.