GAP GAME ARCHIVE PROJECT

Action Replay et Game Genie (1985)

Les cartouches britanniques d'altération mémoire à la volée consacrées par un arrêt historique sur l'usage loyal aux États-Unis

United Kingdom · 1985 · hardware

Nés au Royaume-Uni avec la cartouche Action Replay de Datel Electronics sur Commodore 64 en 1985 puis le Game Genie conçu par Codemasters en 1990 (distribué en Amérique du Nord par Lewis Galoob Toys), ces adaptateurs gigognes interceptaient en temps réel les lectures mémoire du processeur pour offrir vies infinies ou sauts lunaires. Nullement liés au piratage, ils exigeaient des cartouches ou disques originaux et remportèrent l'arrêt fondateur Lewis Galoob Toys, Inc. v. Nintendo of America, Inc. en 1992.

Action Replay et Game Genie (1985)

Bouton de gel mémoire et interception hexadécimale sur le bus

Fondée par Mike Connors à Stone, dans le Staffordshire, la société Datel Electronics lança l'Action Replay sur Commodore 64 en 1985 avant de le décliner sur Amiga puis sur consoles sous le nom Pro Action Replay. Une pression sur son bouton matériel « freeze » déclenchait une interruption figeant instantanément l'exécution afin d'inspecter la mémoire vive, de repérer le compteur de vies et d'en verrouiller la valeur. Cinq ans plus tard, les frères Richard et David Darling de Codemasters, épaulés par les ingénieurs Ted Carron et Chris Graham, adaptèrent ce principe aux consoles fermées avec le Game Genie, commercialisé par Galoob et Camerica. Inséré entre le port d'une NES, Super NES, Mega Drive ou Game Boy et la cartouche du joueur, son circuit dédié substituait à la volée les octets désignés par des codes de six ou huit lettres.

Ni copieurs ni piratage : support original requis et arrêt Galoob v. Nintendo (1992)

Contrairement aux copieurs de disquettes ou aux puces de débridage illicites, ni l'Action Replay ni le Game Genie n'étaient des outils de piratage : dépourvus du moindre jeu embarqué, ils demeuraient totalement inutilisables sans une cartouche ou un disque original authentique inséré dans la machine, et leurs altérations d'octets RAM ou ROM s'effaçaient dès l'extinction sans jamais modifier le support commercial. Lorsque Nintendo attaqua Galoob en 1990 pour interdire le Game Genie aux États-Unis au motif que modifier les sauts de Mario engendrait une « œuvre dérivée » contrefaisante, la Cour d'appel fédérale du neuvième circuit statua à l'unanimité dans Lewis Galoob Toys, Inc. v. Nintendo of America, Inc., 964 F.2d 965 (1992) que ces ajustements éphémères non fixés relevaient de l'usage loyal (fair use), posant un jalon décisif pour le modding et l'interopérabilité.

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