The Settlers II: Veni, Vidi, Vici (1996)
Le chef-d'œuvre logistique de Blue Byte et joyau emblématique de l'Aufbauspiel allemand
Dirigé et programmé par Thomas Häuser chez Blue Byte Software à Mülheim en 1996, The Settlers II: Veni, Vidi, Vici a perfectionné la formule de stratégie économique à contrôle indirect inaugurée trois ans plus tôt. Suivant le capitaine romain naufragé Octavius à travers d'énigmatiques portails de pierre, le joueur bâtit des réseaux de routes et de drapeaux, équilibre mines et agriculture, et étend ses frontières dans le plus célèbre des Aufbauspiele allemands.
L'évolution SVGA de Thomas Häuser et la logistique des relais à drapeaux
Tandis que le créateur original Volker Wertich se consacrait à d'autres projets après le succès Amiga de 1993, le chef de projet Thomas Häuser conçut The Settlers II pour affiner chaque rouage réclamé par la communauté tout en préservant son contrôle indirect. Dotée de graphismes SVGA haute résolution et d'une bande-son signée Haiko Ruttmann, la simulation repose sur le tracé de sentiers jalonnés de drapeaux, formant des relais où porteurs et ânes d'élevage s'échangent les marchandises. Plus de trente bâtiments spécialisés s'imbriquent : les géologues sondent les montagnes en quête de charbon, de fer, d'or et de granit ; fermiers, meuniers et boulangers nourrissent les mineurs ; fonderies, forges et ateliers monétaires produisent armes, outils et pièces d'or destinées à promouvoir les soldats.
L'odyssée d'Octavius, les expéditions maritimes et le célèbre Wuselfaktor
La campagne solo retrace le périple en dix chapitres du capitaine romain Octavius, échoué sur une île inconnue où un portail antique ouvre la voie vers Rome face aux Nubiens, aux Vikings et aux Japonais. Contrairement à son prédécesseur procédural, cet opus introduit des cartes conçues à la main, un brouillard de guerre, des catapultes et des chantiers navals capables d'affréter des navires de colonisation vers des archipels lointains. La presse allemande popularisa le terme Wuselfaktor — le plaisir hypnotique d'observer des centaines d'artisans autonomes scier des planches, porter des sacs ou faire des bulles de chewing-gum au repos — pour décrire ce diorama vivant, écoulé à plus de 600 000 exemplaires et honoré par un remake 3D en 2006.