Moon Patrol (1982)
Le jalon lunaire d'arcade de Takashi Nishiyama et Irem qui popularisa le défilement parallaxe
Conçu par Takashi Nishiyama chez Irem en juin 1982 et distribué en Amérique du Nord sous licence Williams Electronics, Moon Patrol marqua un tournant technique de l'âge d'or de l'arcade en popularisant le défilement parallaxe multicouche continu dans les jeux d'action horizontaux. Aux commandes d'un buggy lunaire à six roues des points A à Z, le joueur conjugue sauts de cratères, tir frontal et défense antiaérienne.
La percée visuelle du défilement parallaxe à trois plans
Plusieurs années avant d'inventer Kung-Fu Master (1984), le premier Street Fighter (1987) puis Fatal Fury chez SNK, le jeune concepteur d'Irem Takashi Nishiyama transforma la perception de la profondeur 2D avec Moon Patrol. Propulsé par la carte M52 à processeur Z80, l'écran fait défiler trois plans horizontaux à des vitesses distinctes : de lointaines montagnes bleues glissent lentement, des collines émeraude intermédiaires avancent plus vite, et la croûte lunaire file au premier plan sous les six roues à suspension indépendante du véhicule rose. Portée par l'entêtante ligne de basse blues de Masato Ishizaki sur double puce sonore AY-3-8910, cette ligne d'horizon cohérente imposa le scrolling parallaxe comme grammaire fondamentale du jeu vidéo 2D.
Tir sur deux axes, cratères dynamiques et étapes chronométrées
Sur le plan mécanique, Moon Patrol oblige le pilote à résoudre simultanément les menaces terrestres et aériennes sans jamais pouvoir s'arrêter tout à fait. Pousser le levier vers l'avant accélère le rover pour franchir de larges crevasses tandis que tirer vers l'arrière freine devant mines et rochers ; un bouton de tir unique actionne à la fois un canon frontal à courte portée contre rocs et blindés et un laser vertical abattant les soucoupes volantes. Surtout, les bombes larguées par ces OVNI creusent en temps réel de nouveaux cratères dans le sol lunaire. Découpé en 26 points de contrôle de A à Z comparant le chrono du joueur au temps moyen sur les parcours Débutant et Champion, ce classique connut d'innombrables conversions domestiques.